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1506 : la Naissance
Je vis le jour à Kyrmor, capitale du Farimor, laquelle abrite les plus éminentes familles nobles et les maisons marchandes les plus influentes du royaume. Ma Mère, Mevanaist, était originaire d’une modeste bourgade située près d’Emrill, renommée pour sa position stratégique au carrefour de plusieurs domaines agricoles et prisée des aventuriers pour sa proximité avec de nombreuses ruines, appelée Madelgarde. Mon Père, qui jouit encore de la vie à l’heure où j’écris ces lignes, se nomme Vermithrax Valryon. Avant de ceindre la couronne royale, c’était mon grand père, Freyjax, qui était le souverain légitime et reconnu de toute la région.
J’eus l’honneur de compter parmi ma fratrie un frère, Gaistax, qui naquit une heure avant moi. Durant notre enfance, nous nourrissions l’un pour l’autre un amour fraternel sans bornes. Mère veillait jalousement à lustrer nos écailles avec la précieuse huile pöalienne, à repasser avec soin nos délicats pourpoints matelassés, et à coiffer nos chevelures d’ébène. Notre existence, empreinte de douceur et presque exempte de toute souillure, se déroulait sereinement : je m’adonnais aux arts et à la littérature sous la tutelle des plus éminents mestres Kyrmoriens, tandis que mon frère, animé par une fervente ambition, aspirait à rejoindre les rangs des Dragons Pourpres, les plus illustres guerriers de la capitale. Je garde en mémoire le souvenir vif de le voir s’entraîner avec une détermination inébranlable, frappant des mules à l’aide d’un bâton de bois, tandis que j’étais captivé par les courbes généreuses de notre nourrice, provoquant invariablement chez elle des cris de stupeur.
1524 : le Trépas
Mère rendit tragiquement l’âme, emportée par une insidieuse infection pulmonaire contractée lors de son retour d’une traversée maritime. Père, dans un ultime et désespéré effort, fit appel aux plus illustres guérisseurs des Dragons Pourpres, mais les divinités en avaient décidé autrement. Le chagrin m’envahit tel un océan en furie, et la gorge nouée par une douleur inexprimable, je me réfugiai dans une écriture ténébreuse et mélancolique. Frère, quant à lui, embrassa la carrière militaire, résolu à intégrer l’élite des Dragons Pourpres. Père, plongé dans les affres de la retraite, sombra lentement dans la folie, persuadé que Tamarquin était la cause de notre infortune. En proie à cette conviction, il donna à la plus majestueuse frégate de guerre du Kyrmor, toujours affrétée près du port du Bois du Drake, le nom de « Fléau des Mers« , le vaisseau même où ma mère trouva son dernier repos.
Nous n’étions plus que nous deux dans notre majestueux palais de Kyrmor vu que Gaistax était parti à l’entraînement, tandis que Père congédiait successivement les majordomes, les servantes et même les jardiniers. Ses rares moments de sociabilité se limitaient aux somptueux banquets orchestrés par le Roi d’Emrill et son épouse Nina, descendants directs du légendaire Magar. C’étaient les seules occasions où je pouvais l’apercevoir esquisser quelques sourires, lorsqu’il flânait en compagnie du Roi et de sa reine – surtout de cette dernière, qui semblait particulièrement réceptive aux flatteries d’un éminent Sandragon.
Bien évidemment, il ne se passa jamais rien entre les deux : depuis les affres du Roi Garrax, l’un de nos ancêtres réputé pour sa violence et son goût prononcé pour la luxure, les relations interraciales sont totalement prohibées dans tout le Farimor.
La relation paternelle ayant atteint un point de rupture catastrophique, Père me contraignit à m’enrôler dans la Troupe de Gaistax, afin que je devienne, à mon tour, un Dragon Pourpre. Il ne manqua pas de me qualifier de misérable rejeton de Sandragon déchu, d’indigne, de piètre combattant et de fardeau pour lui. Ses paroles transpercèrent mon cœur telle une lame glaciale. Je n’avais plus d’autre choix que de m’engager et de partir en mer avec mon frère pour une année, à bord de la frégate de guerre baptisée l’Écume du Soleil.
Les premières semaines furent éblouissantes : la découverte de Brigal, les échanges commerciaux entre Avany et Emrill, les discours politiques à prononcer, sans qu’un seul combat ne vienne troubler notre périple ! Tandis que Frère passait son temps dans des bordels sordides à se prélasser avec des créatures de basse extraction, j’accomplissais les devoirs d’un véritable politicien de dix-neuf ans, fils du Roi Vermithrax en personne, sans jamais céder à l’appel des armes – d’ailleurs, je m’efforçais d’éviter autant que possible les entraînements. Les femmes et le sexe ne m’intéressaient pas non plus, au grand désarroi de Bama, une Orque de six pieds de haut qui avait été désignée comme mon bras droit. À l’heure actuelle, elle est toujours une personne que j’estime mais dont la vision me fait dégonfler l’entrejambe de suite.
Tout semblait idyllique, mais l’existence m’a instruit que le bonheur n’est jamais que de brève durée : lors d’une soirée empreinte de libations excessives, Gaistax fut capturé par des pirates de Zhora, lesquels jugèrent opportun de lui trancher la queue pour l’envoyer au Roi Vermithrax en échange d’une rançon aussi salée que les eaux de Tamarquin. Cette péripétie nous contraignit à retourner sans délai à Kyrmor, où notre Père nous reprocha avec véhémence notre manque de gravité et notre inclination à converser avec les infâmes des Ports plutôt que de nous consacrer à devenir de véritables chevaliers. Son ire fut inexorable : Gaistax fut dépêché pour affronter les pirates qui foutaient un bordel sans nom, tandis que moi, je devais être incarcéré durant une année maximum pour « devenir un homme : après tout, ton frère, lui, sait se battre.«
Je me remémore encore Bama, versant des larmes abondantes en me conduisant à la Prison de la Mer Fumante, une sorte d’antique bâtisse vacillante située sur une île entre Zhora et les Rochers écrasants, mais qui ne souhaitait point s’opposer aux injonctions de Vermithrax, de crainte de perdre son prestigieux titre de Dragon Pourpre et de voir s’évanouir son ambition de commander un jour le Fléau des Mers ou l’Écume du Soleil. Je lui assurais qu’avec de quoi lire et écrire, le temps passerait prestement. En vérité, il était indéniable que Gaistax était un guerrier émérite, un séducteur avéré et un homme d’une grande puissance, tandis que moi, j’étais un romantique introverti, n’ayant aucune connaissance des relations charnelles ni des arts de l’épée… et que j’allais sûrement passer mon année en prison, plutôt que quelques semaines.
1526 : la Captivité
Je croyais naïvement que mes veilleurs allaient m’oublier, moi, le Sandragon rouge d’une timidité écrasante et fils d’un homme de grande puissance. Que, me laissant dépérir dans une geôle, avec pour seules compagnies mes écrits et quelques rats, je finirais par voir de nouveau les rayons du soleil autrement qu’à travers les barreaux. Quelle grossière erreur. Quand les disciples du Dieu-Piques ont une réputation de féroces débauchés à cause de leur unique divinité, ce n’est pas pour rien.
Les premières semaines furent marquées par la faim et le froid, mais du moins l’on ne porta pas atteinte à mon corps. Ce répit, toutefois, fut de courte durée. À l’aube de mes vingt printemps, n’ayant plus d’encre à disposition, j’implorai un garde Sahuagin de m’en procurer afin de m’adonner à l’écriture, mon seul refuge en cette glaciale captivité. En échange, il exigea de moi « quelque chose que je n’avais jamais offert à quiconque ». Je me souviens avoir froncé les sourcils, ne saisissant pas le moindre sens de cette proposition des plus énigmatiques, tandis que la porte de ma cellule s’ouvrait et qu’il retirait son pagne alors que j’étais assis sur mon banc de pierre.
Le souvenir de ses mains palmées saisissant les miennes pour me plaquer contre les parois abruptes de la pièce demeure, plus de trente ans après, un supplice pour mon esprit. L’odeur de son souffle iodé sur ma peau, ses griffes agrippant mes cheveux entrelacés, ses rires de jouissance mêlés à mon impuissance hantent encore ma mémoire. Après avoir assouvi ses désirs, me laissant à plat ventre sur les dalles de la geôle, le Sahuagin jugea bon de prévenir ses congénères que je pouvais désormais servir de réceptacle à leurs fantasmes les plus abjects, tel un objet dédié à la Fureur du Dieu-Piques. La seule lueur dans ces nuits de torture était la douche chaude qui suivait chaque visite des disciples de cette atroce religion monothéiste. On m’ôta non seulement ma virginité durant ma captivité, mais aussi certaines de mes écailles, mes côtes furent brisées avec du corail et mes plaies « soignées » à l’eau salée.
Ce supplice dura jusqu’à ma libération en 1527.
1527 : les Retrouvailles
Le retour à Kyrmor et les retrouvailles avec Gaistax et notre “vénérable” Père furent empreints d’une sérénité effroyable. Père, plus égaré que jamais dans les méandres de son esprit, nourrissait une obsession croissante pour la Reine d’Emrill, dont les visites quotidiennes au sein du Manoir faisaient les délices de la Presse Kyrmorienne. J’étais d’une maigreur alarmante, tandis que mon Frère s’était métamorphosé en un véritable champion lors de son année à purger l’Île et répandre ses louanges envers Lysangard : ses bras, tels des troncs d’arbre, étaient couverts de marques multiples. Lorsqu’il remarqua l’absence de certaines de mes écailles, il me dévoila l’hideuse cicatrice ornant son postérieur, ultime trace de la barbarie des pirates ayant provoqué mon incarcération. Ce souvenir demeure probablement le dernier de nous partageant un rire franc et sonore, cette scène se déroulant lors d’un repas en compagnie de Père et de la Reine Nina d’Emrill qui hurlait de voir le fessier fraternel se dandiner devant ses yeux prudes. Bien que le vin eût enflammé nos esprits, jamais je ne révéla à mon Frère, en ce jour, que mes écailles n’étaient pas la seule chose que j’avais perdue lors de ma captivité.
1539 : la Dépravation
À l’âge de trente-trois ans, j’avais accédé à l’illustre titre de Dragon Pourpre du Cormyr, une distinction qui apportait honneur et révérence, exaltant mon statut princier en tous lieux. Constamment flanqué de ma fidèle Bama, parfois de mon Frère, et fréquemment escorté par une dévouée cohorte de Kyrmoriens qui buvaient mes paroles et brandissaient leurs armes à mon commandement (car oui, malgré l’entraînement, le combat était quelque chose que je détestais), je me consacrais, outre mes obligations politiques, à un art qui me fascinait plus que tout autre : le sexe. La multiplicité des relations charnelles qui venaient, de jeunes éphèbes impressionnés par une nuit avec un Prince jusqu’aux femelles farouches de bordels aux 4 coins des Contrées d’Izuvis, tout était matière pour moi à coucher avec autrui. Au plus profond de mon être, je savais que c’était pour oublier le Dieu-Piques et les Sahuagins, que c’était pour ressentir le désir, l’utilité, et l’affirmation de ma virilité. Pour me prouver à moi-même que j’étais un mâle impétueux et dominant. Car oui, peu importait le ou la partenaire : il était inadmissible que l’on me soumette comme on soumet un dragon… Jusqu’aù jour où les intrigues politiques Kyrmoriennes me conduisirent à affréter le Fléau des Mers dans la cité esclavagiste de la Baie du Gong, Palméole, ville somptueuse mais sous le joug des Volariens, une Guilde des Voleurs particulièrement tenace.
Après quelques négociations des plus tendues avec des magistrats corrompus de la ville, l’un d’eux m’amena – connaissant mon goût pour la lubricité – dans un lupanar plutôt côté, baptisé le Bordel du Tieffelin Violet. L’entrée fut déjà un spectacle en soi, des volutes d’encens flottaient dans l’air et des bardes nues jouaient du Oud en têtant parfois nerveusement sur des narguilés. Mais ma vision se perdit sur un jeune éphèbe absolument incroyable, à la peau d’améthyste et aux somptueux yeux jaunes, qui jeta également son dévolu sur moi. L’hôte Volarien qui m’avait emmené en ces lieux lâcha une coquette somme pour m’offrir les services de… Sévice, en échange de mon silence sur les taxes corrompues du quidam. Il m’était impossible de résister à cette bouche charnue et à cette splendide chevelure prune, et cette main douce et tendre qui m’entraîna jusqu’à l’étage. Je me souviendrais éternellement de son étreinte après le premier acte, où il me poussa à m’allonger le long de son corps secoué de mes va-et-vient incessants pour quémander… une pause câlin. Ayant toujours été réfractaire à ce qu’on prenne les rênes du coït, que j’ai exprimé au début de cette expérience par une domination des plus animales, le Tieffelin se leva après nos tendres caresses et me poussa aux Arts de Manex. Je ne saurais trop dire avec précision comment mon refus d’obtempérer s’est transformé en désir ardent d’acquérir une nouvelle expérience, mais tout avait été minutieusement orchestré : la délicatesse de ses doigts enserrant mes hanches, le rythme saccadé de mon souffle devant s’harmoniser parfaitement avec ses mouvements cadencés… L’objectif du jeune homme était de créer une symphonie parfaite, une ode sublime dédiée à la Déesse du plaisir. Cette nuit-là, la toute première, je me suis dévoilé à lui sans prononcer un mot, laissant échapper seulement des râles de jouissance alors qu’il luttait ardemment contre la mémoire musculaire et la rigidité de mon corps meurtri, réticent à raviver de vieux traumatismes. Il savait, car les âmes unies par la torture physique et mentale n’ont nul besoin de paroles pour se comprendre ; un simple regard avec lui, chose que j’avais toujours évité avec mes précédents partenaires, suffisa. Je me rappelle encore de ce moment où il m’entraîna sur la terrasse en pleine nuit pour fumer en prenant soin de placer une légère couverture sur mes épaules, nos chairs encore recouverts de fluides corporels, tandis que des larmes brillantes à la lumière des candélabres de la maison close glissaient de nos joues. Nos vies, bien que diamétralement opposées, étaient unies par une souffrance commune et par ce même sentiment d’impuissance face à nos bourreaux, alors que nos corps mêmes ne nous appartenaient plus vraiment. Après coup, il déposa une perle de turquoise, cette pierre précieuse endémique de Palméole, sur l’une de mes tresses, en sussurant une obscénité sur le fait de m’avoir “enfilé quelque chose pour la seconde fois cette nuit”. Son sens de l’humour était un régal. Il fut l’une des rares âmes à avoir dompté le dragon.
Durant plusieurs mois, je fis maints allers-retours en la cité de Palméole, dans toutes les acceptions que cette expression peut revêtir, ce qui n’échappa point à l’agacement de Bama, bien consciente de l’existence d’un amant particulier en ces lieux. Elle vit que j’avais désormais une quinzaine de perles de turquoises dans mes cheveux et compris que cela n’était pas juste dans un objectif décoratif capillaire mais que c’était un symbole particulièrement lubrique de mon partenaire Gongien, aussi doué en coiffure que pour me faire claudiquer. Un jour, j’évoqua l’idée de le ramener à bord du Fléau des Mers, tel un présent précieux à dévoiler chaque soir, délicatement enveloppé dans son écrin de satin. Mais l’Orque aux lèvres épaisses s’emporta avec véhémence, comme si j’avais proféré une hérésie, me targuant de reprendre mon rôle de politicien plutôt que d’arpenteur de bordels. Il était indubitable que cette proposition de ma part était des plus stupides. Je n’aurai jamais pu officier nulle part avec Sévice dans ma chambre, et si Père avait sû qu’il y avait un prostitué qui partageait ma couche, il m’aurait enfermé à vie.
1545 : la Jouissance
En l’an 1545, la seconde personne à maîtriser le dragon fut la reptiloïde Vermax Mesh’Maax, alors jeune pirate originaire de Brigal, ayant découvert que son éloquence et son appartenance à une race des plus inhabituelles pouvaient jouer en sa faveur au sein de la cité côtière de Bahar. Les Dragons Pourpres furent convoqués en ces lieux à la suite du vol d’une cargaison Kyrmorienne.
J’avais ouï maintes rumeurs sur cette cité, peuplée de marginaux désespérés et de pirates prêts à défendre leurs pièces d’or pillées au prix de leurs misérables existences. Toutefois, c’était avant tout le désir d’exotisme, dans toutes ses acceptions, qui me poussa à m’y rendre.
Max m’accueillit en tant que tenancière de la Taverne des Abysses, un établissement modeste et délabré décoré de taxidermies hasardeuses et imprégné des relents les plus infects. Voyant que je n’étais nullement intéressé par une relation charnelle avec une créature reptilienne (car il m’était hors de question de risquer l’ensemencement d’une femelle de cette espèce), elle se métamorphosa en une somptueuse créature humaine pour me séduire. Malgré son œil de rubis finement taillé enchâssé dans son orbite, je ne décelai aucune supercherie, car je ne soutiens jamais le regard de mes conquêtes, excepté le Tieffelin Palméolien : la peur d’être confronté à mon propre reflet.
Elle m’emmena dans une piaule lugubre aux drapés de coton qui sentait à la fois la vanille et le ragoût de fenouil et me déshabilla. À mon grand étonnement, elle me proposa un divertissement des plus incongrus alors que je m’attendais à la voir se prosterner sur le lit de fortune de la Taverne : une partie de cartes du Jeu des Dragons. N’étant jamais qu’un joueur médiocre, je ne discernai point la subtilité de cette proposition qui me semblait futile, d’autant que mon unique objectif était de soulager mes bourses. Celles de cuir avaient déjà trouvé leur place dans sa poche, tandis que celles plus charnelles étaient pleines à déborder, impatientes de s’épancher en elle avec une frénésie irrépressible. Toutefois, son charme opérant en sa faveur, je me laissai entraîner dans le jeu et finis, comme prévu, par perdre.
Elle m’enjoignit alors de m’étendre d’abord sur la couchette, ce qui allait à l’encontre de mes prérogatives de mâle dominant. Néanmoins, étant un bon perdant, je me résolus, en digne Prince, à obtempérer, tout en maugréant quelques grossièretés en passant. Elle s’installa à califourchon sur moi, prenant le licol de l’étreinte, modulant mes ardeurs et m’empêchant constamment de la renverser. Je savais lors de la pénétration que son intérieur ne possédait rien de la chaleur d’un être humain : c’était une froideur singulière, semblable à la caresse de la neige après une longue marche sous un soleil zénithal.
Le lendemain, le réveil fut abrupt. Bama me tira de mon sommeil en vociférant, m’informant de la nécessité de retourner à Kyrmor pour y déposer la cargaison retrouvée. Je ne revis Max que bien des années plus tard, et la révélation de son acte de métamorphose me rendit extrêmement courroucé. Cet épisode éveilla en moi des élans d’une intensité bien plus grande dans mes relations charnelles, métamorphosant le Dragon en une créature presque sauvage, toujours respectueuse des limites du consentement, mais néanmoins impliquant des actes que nombre d’individus qualifieraient d’inacceptables. Par chance, et malgré une curiosité des plus exacerbées, cette violence intériorisée fut rapidement domptée. Cependant, il était hors de question que je ne fusse point le maître absolu des sauteries : à 4 pattes devaient systématiquement être mes partenaires, même si pour certains et certaines, voir uniquement le mur d’en face ou avoir la tête dans l’oreiller n’étaient pas vraiment le point d’orgue d’une nuit idyllique avec un Prince.
1556 : la Couardise
50 années que je subissais mon existence, et 17 années en tant que Dragon Pourpre. Mon goût accru pour la littérature, les arcanes, la politique et la multiplicité des partenaires sans amour ont fait de moi une sorte de mâle au courage aléatoire et dont les échanges ne se font qu’à travers l’argent, les banquets et les grands sourires hypocrites…
par Kax